INTERVIEW ANT-ZEN records (Stefan)
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ANT-ZEN (Stefan), 17.08.2001, Lappersdorf, Germany

1. Quelles sont les orientations d'ANT-ZEN (préférences musicales, objectifs...) et comment tout cela a-t-il commencé ?

J'aime la musique électronique depuis le début des années 80 et pendant ces années tout a été plus axé vers un genre plus expérimental.
Au milieu des années 80, je travaillais comme photographe pour un journal local et j'ai approfondi mes connaissances de la photo N/B (prise de vue et développement). En dehors de cela, à la fin des années 80, le mix et l'organisation de soirées ont pris de plus en plus d'importance pour moi ; je jouais presque chaque week-end dans des clubs à Regensburg et Munich. Avec un ami, Alex Pickar, nous organisions beaucoup de festivals entre 89 et 93.

A un niveau plus personnel, je suis ingénieur en électronique et je n'aime pas le poisson - même si quelques copains de Belgique essayent de me faire changer d'avis... Mes intérêts principaux sont : la culture japonaise, la création picturale, voyager, la photo, le whisky, les cookies suédois.

Dans les années 90, mon ami Alex Pickar dirigeait un service de vente par correspondance à Munich qui avait des contacts spéciaux avec la scène noise japonaise. En dehors de nos activités d'organisation, nous étions assez actifs dans la scène expérimentale et nous avions pris contact avec quelques musiciens qui n'avaient pas la chance d'éditer leur musique. On était tous les deux très intéressés par l'Industriel, le Noise Ambient et la musique électronique. La plupart des labels refusaient de sortir des vinyls et sortaient juste des CD's car les vinyls se démodaient. Le temps était venu pour Alex et moi de penser à créer notre propre label.

Au début 1993, ANT-ZEN était formé. On a commencé par quelques cassettes, comme la toute première production : "Reinir & Tilarids", une compilation de deux cassettes dans un boîtier vidéo avec des couvertures-photos originales. On a tous deux compilé ce morceau. Alex dirigeait la distribution et je m'occupais du travail artistique.
On ne s'attendait pas à un tel succès et à un retour si positif. Alors, on a décidé de continuer avec nos sorties. Le premier pas était fait. Fin 94, Alex travaillait moins pour ANT-ZEN parce qu'il était plus intéressé par ses propres projets musicaux. Il a aussi commencé à travailler pour quelques organisations humanitaires et puis, il est parti un moment en Inde. Maintenant, il est de retour en Allemagne... mais il n'est plus intéressé par le business musical.

Depuis quelques années, ma femme et moi dirigeons le label. En 97, on a créé un nouveau département : HYMEN Records. HYMEN est un petit peu plus ambient, technoïd,... avec des influences plus dures, drum n' bass ou electronica. Bien sûr, il y a des pensées communes entre HYMEN et ANT-ZEN mais c'était nécessaire de les départager, étant donné qu'HYMEN prend d'autres directions.

2. ANT-ZEN n'est pas seulement un label mais aussi un distributeur. Quels labels distribuez-vous ?

A la base, nous sommes un label et nous distribuons d'autres labels qu'ANT-ZEN et HYMEN, parmi lesquels nous pouvons citer VACUUM, MIREX, FLATLINE, PFLICHTKAUF, MIXER, DE LUIDPREKER, INC.US, U-COVER, KLANGKRIEG, ZHARK (Berlin), flyco, DUËL, AMBIVALENCE, MEGAHERTZ.

3. L'Industriel, comme la plupart des gens semblent le croire, est-il un style non-vendeur ?

Pour certaines personnes, l'Industriel n'est pas de la musique, alors on peut répondre oui et non... ça dépend à quoi vous le comparez. Nous sommes personnellement très satisfaits avec nos sorties et nos groupes ainsi que de l'audience.

4. Et à propos des arts visuels ?

C'est dans notre intérêt de produire les morceaux qui nous intéressent. Nous définissons une sortie avec un concept audio et visuel.
Beaucoup d'autres ne font pas ou peu attention à l'aspect visuel. Au début, le nom ANT-ZEN venait de l'Anti-Zensur (le mot allemand pour anti-censure), et nous ne censurons toujours pas. Nous voulions aussi montrer notre intérêt pour la culture japonaise, et la fourmi est toujours un des nos insectes favoris. Même à l'heure actuelle, les structures informatiques sont basées sur l'organisation d'une fourmilière, alors faites attention...

Quand nous avons commencé avec le label, nous n'avions pas d'argent pour payer un designer pour mettre en place la couverture artistique, j'étais le seul avec des expériences de photographie, et avec mon travail au journal, j'ai commencé à travailler sur des dessins et ça m'a plu. J'ai pris part à des séminaires pour obtenir plus d'infos. Une fois que je travaille sur un projet, je récolte tout le matériel que j'ai en tête pour cela. Pour les couvertures des sorties musicales, il y a un apport de la musique ainsi que des idées, des fragments, des images. La seule chose que je fais est de transférer tout dans un concept visuel, qui souvent n'inclus pas seulement un livret pour une sortie, mais aussi, des couvertures, des cartes postales, des autocollants.
Je me donne à fond dans ANT-ZEN et HYMEN et le travail que je fais pour ces labels reflètent mes goûts personnels, dans leur variété et avec leurs limites, et c'est valable tant pour la musique que pour le graphisme.
Les graphiques doivent mettre l'auditeur dans l'ambiance de la musique et peu importe la façon dont on y arrive, on y arrive d'une certaine façon... C'est autant de l'art que la musique et l'art visuel doit être traité avec le même soin. Le résultat final doit satisfaire nos artistes et nous-mêmes.

5. De votre point de vue de label et distributeur, quelle est la position de la Belgique dans la scène industrielle ?

Nous aimons beaucoup la Belgique. Nous avons quelques amis et artistes en Belgique que nous aimons rencontrer et vous avez vraiment le meilleur poulet au curry. Nous avons aussi une chouette foule de fans là-bas qui sont venus à quelques-unes de nos soirées.

6. Quelles sont vos perspectives, vos prochaines orientations ?

On prépare un album de récits de David Thrussel (aka Black Lung) qui s'appelle "The Voice of Reason" et qui comprennent les pensées les plus obscures de notre ami australien. Ils ont aussi fini une piste vidéo qui sera également disponible sur CD. Ces textes et l'interprétation ouvrent la sphère de la pensée dans des dimensions tout à fait inhabituelles.
Pour la Maschinenfest 2001 à Aachen, Allemagne : nous aurons finalement sorti l'album tant attendu de Vromb. La moitié de l'enregistrement est déjà fini, et je peux seulement dire que c'est encore une évolution pour cet artiste. Les atmosphères deviennent beaucoup plus intenses. Il y aura aussi une boîte pour cette sortie.
Axiome, collaboration entre Olivier Moreau (Imminent, Ambre) et C-drik (Ammo, Ambre), vont terminer leur deuxième album qui est plus extrême, minimal dans un certain sens. Nous accueillons aussi un nouveau groupe de Suède qui s'appelle Azure Skies (nous avions déjà sorti un morceau de ce groupe sur la compilation "Xerosma" (act 11)). Il y a aussi une collaboration entre Converter, Asche et Morgenstern, ce CD sera disponible dans les magasins de disques à la fin du mois d'août.

Ressources sur ANT-ZEN :

www.ant-zen.com
hwww.klangstabil.com/hymen/
Article Wreck this mess (02/1999, fr)