INTERVIEW Noize Creator
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Noize Creator, 01/11/2004

1. Comment as-tu choisi le nom de "Noize creator" ?

Quand j'ai choisi ce nom en 92-93, j'étais en train de chipoter avec ma table de mixage en enregistrant et en samplant ces sons.et voilà... !

2. Sur un des tes morceaux, il y a la mélodie de "chat blanc, chat noir" (ndlr : film de Kusturica). Comment l'idée t'es t-elle venue de recomposer ou de sampler ce morceau ?

J'étais avec un ami et nous parlions musique et il a passé le morceau de la B.O. de "chat blanc, chat noir". Quand j'ai écouté ce morceau, je me suis imaginé une rythmique et j'ai su quoi en faire... J'ai demandé à mon ami de me prêter le cd. Plus tard, je lui ai fait la surprise en lui offrant une copie du vinyle pressé.

3. Peux-tu nous en dire plus concernant tes influences musicales ?

Il y a beaucoup de choses qui m'influencent. J'ai commencé à écouter de la Hip House/Acid House il y a très longtemps. Deux ans plus tard, je me suis dirigé vers le Hardcore/Gabber et j'ai sorti mon premier disque.

Ensuite, je me suis axé vers l'experimental de toute sorte. Mon intérêt pour la musique s'est toujours accru et les influences sont diverses (classique, métal, electronica, oldschool,...). Ca n'a pas d'importance tant que c'est bon !

4. Comment imagines-tu le futur de la musique dure en électronique ?

Personne ne sait réellement ce que nous écouterons dans cinq ans. Mais il y a tout le temps des choses qui reviennent. Je ne crois pas qu'on créera tant de nouvelles choses. Ce sera plutôt une variation de styles et de techniques que nous utiliserons pour produire de la musique comme çà.

Maintenant, ce qui est à la mode depuis deux, trois ans: c'est la Jungle/Ragga + Breakcore, qu'on appelle Raggacore. Mais cela va changer vers quelque chose d'autre. Peut-être encore du Gabber ?

Il y a aussi de nouveau une mouvance acid, ce n'est pas la première fois, mais çà pourrait être une variation entre l'acid et le breakcore...sans oublier tous ceux qui font de l'experimental. Peut-être une sorte de musique contemporaine qui aura l'air nouvelle dans quelques années. Donc, on va attendre et voir ce qu'il se passe...

5. Quels sont tes nouveaux projets ?

Une tournée avec Flashbulb et Machinedrum en décembre. Je bosse avec Andrew du label M3RCK (label de Machinedrum) pour préparer la tournée en Europe. Avant tout cela, il y aura quelques sorties sur SUBURBAN TRASH et BOHNERWACHS. Je travaille aussi avec mon ami de Sleepy City sur une compile. De nombreux nouveaux noms en perspective et mis à part cela, je compte m'axer sur la distribution.

6. Pourquoi plusieurs labels : SUBURBAN TRASH, BOWA et RRR ? Pourquoi ne pas regrouper tous les concepts sur SUBURBAN TRASH INDUSTRIES ? Tu voulais une spécialité propre à chaque label ?

En 97, on a stoppé BRUTAL CHUD et RUSSIAN ROULETTE. Un an plus tard, j'ai créé SUBURBAN TRASH. Quand j'ai rencontré mon ami Enzym, j'ai vu le tas de musique sur son disque dur et sur DAT. Nous nous sommes mis d'accord pour sortir un disque sur SUBURBAN TRASH (sti04) et quelques mois plus tard fut créé BOHNERWACHS. C'était à la base pour sortir la plupart de sa musique en electronica. Le concept de SUBURBAN TRASH était différent et plus axé sur la musique hard (Broken Beats/Breakcore).

Puis peu à peu, les règles se sont altérées, et çà n'a plus trop d'importance si je sors tous les morceaux sur un seul label. Je continue les deux, car dans BOHNERWACHS, il y a d'autres personnes qui sont investies. C'est un concept différent.

RUSSIAN ROULETTE a repris, j'ai continué ce label avec de chouettes morceaux de I:gor et Bong-Ra. Bien sûr, ils n'auraient pas pu sortir aussi sur SUBURBAN TRASH. Ce n'est pas dans le but d'avoir une spécificité propre à chaque label, mais plutôt parce que je pensais que je ne pourrais pas sortir plus d'un ou deux disques par mois. Je ne voulais pas avoir une centaine de tracks dans mon catalogue en seulement un ou deux ans...

Et depuis que tout va bien pour les labels, je n'ai jamais pensé arrêter et mettre tout sur un seul label.

7. Quelle est ta meilleure collaboration ? Pourquoi ?

Je ne collabore pas autant que je le voudrais mais je me souviens d'un concert avec Steelharmonie en 2002. C'était un live à Dresden. C'était pour l'ouverture d'un festival de 4 jours. Steelharmonie est un groupe de personnes qui créent leurs propres instruments en acier. Ils peuvent créer une ambiance qui varie entre le classique, les atmosphères et la musique contemporaine. Mon rôle, c'était les rythmiques. J'ai joué des beats industriels, çà a très bien donné mais malheureusement c'est le seul show ou nous avons joué ensemble.

On devait collaborer ensemble mais çà ne s'est pas fait. La copie du live est la seule chose qu'il me reste de cette soirée.

8. Que penses-tu de la scene hard en Allemagne, Belgique, France, Usa, Japon...

Je peux entrevoir les diversités de chacun des pays mentionnés. La scène allemande est très petite. Il y a de plus en plus de monde mais parfois il ne sont pas très productifs ;)

Le Japon a la plus folle scène. Ils créent leurs propres sons. Peut-être parce qu'ils sont isolés du reste du monde ? Quand tu fais un show là-bas, les Japonais sont plus ouverts.

Pour la Belgique, c'est très bien de voir comment la scène se développe et évolue. Beaucoup de nouveaux labels...Beaucoup de chouettes concerts et un chouette public.

Pareil pour la scène française. Mais çà fait des années que les français le font. Et bien entendu, la scène américaine prend une place importante dans la scene hard mondiale. Il y a une scène hard partout. Parfois plus grande et parfois plus petite. Tu peux aller partout et trouver des gens sur la même longueur d'onde.

9. Le mot de la fin ?

Euh... Peut-être quelque chose comme "Hardcore will never die !"...hehe